Passions


Depuis plus de 900 ans, notre territoire continue d'afficher la singularité de la Basilique, lieu de spiritualité, lieu d'histoire et de politique, lieu de musique et de passions.
Le Festival est lui-même, depuis 45 ans, une terre de passions.


Passion pour la musique, avec au cœur de l'édifice, une maison ronde, Radio France, dont nous sommes heureux d'accueillir plusieurs fois pendant le Festival les quatre formations musicales, comme autant de piliers fondateurs. La fresque Berlioz en ouverture avec le Chœur de Radio France et l'Orchestre National dirigés par James Conlon, en hommage à l'immense berliozien Sir Colin Davis qui nous a récemment quittés, ou la Symphonie de Psaumes de Stravinski en clôture avec ces deux formations et la maîtrise dirigées par Kristjan Järvi. Nous retrouvons la maîtrise - avec les élèves de Bondy – et l'Orchestre Philharmonique pour le Requiem de Fauré dirigés par Sofi Jeannin ; enfin, une 4e de Mahler, œuvre phare de notre palmarès, toujours avec le « Philhar » et son directeur musical Myung-Whun Chung.


Passion pour les jeunes artistes : Jérémie Rhorer revient avec en particulier la soprano Julie Fuchs pour une œuvre rare le Christ au Mont des Oliviers de Beethoven, présentée en exclusivité au Festival. Nous accueillons pour la première fois Raphaël Pichon et son ensemble Pygmalion qui, au terme d'une résidence toute cette année, proposent une Passion selon Saint-Jean, justement, dont eux seuls ont le secret. Enfin, Diego Matheuz, formé grâce au Sistema vénézuélien, aujourd'hui directeur musical de la Fenice, se lance, à la tête du Rundfunkchor Berlin et de l'Orchestre de Chambre de Paris dans le très poétique Requiem de Brahms.


Passion pour les expérimentations. Face à ce véritable « vaisseau de son » que peut être la Basilique, la hauteur des voûtes permet paradoxalement de goûter au timbre d'un seul instrument. Les célèbres Suites pour violoncelle de Bach ont inspiré celles de Britten. Quatre violoncellistes Anne Gastinel, Ophélie Gaillard, Yan Levionnois et Edgar Moreau relèvent le défi.
Olivier Mellano, auteur-compositeur-interprète contemporain propose, quant à lui, une re-création de la Chair des Anges, œuvre électro-baroque où planent les voix et les accords de guitares électriques.


Passion intime : le pendant de la Basilique, c'est bien sûr la Légion d'Honneur, cette ancienne abbaye, devenue sous Napoléon une école prestigieuse, dont le pavillon de musique est idéalement conçu pour accueillir le récital et la musique de chambre ; nous y retrouvons Alexandre Tharaud, la jeune mezzo Marianne Crebassa ou encore le pianiste Adam Laloum, sans oublier une carte blanche au compositeur et pianiste Fazil Say que nous avons la grande joie de retrouver.


Passion pour les publics, toujours renouvelés, grâce à Métis, grâce à la sensibilisation qui accompagne le Festival toute l'année et l'ancre dans son territoire et dans son époque avec toute la richesse multiculturelle qui l'entoure. D'où cette création que nous présentons dans le volet Métis, qui mêle chant soufi et chant flamenco : deux origines géographiques et culturelles réunies dans une seule et même transe, avec Faiz Ali Faiz chanteur et compositeur d'exception, et la grande diva flamenco Carmen Linares.


C'est le Festival, avec passion, il est pour vous tous.


Nathalie Rappaport
Directrice du Festival de Saint-Denis